Le gari fait partie des aliments les plus consommés au Bénin. Présent dans presque toutes les maisons, il accompagne nos sauces, se mange avec de l’eau, du sucre ou de l’arachide, et sert aussi à la préparation de plusieurs plats. Pourtant, on oublie souvent le long parcours que fait le manioc avant d’arriver dans nos bols.
Tout commence au champ, où le manioc est planté et entretenu pendant plusieurs mois. Selon les variétés, il faut entre 8 et 12 mois avant la récolte. Une fois arrachées, les racines sont transportées vers les lieux de transformation. C’est là qu’intervient un travail essentiel, assuré en grande partie par les femmes.
Le manioc est d’abord épluché et lavé, puis râpé pour obtenir une pâte. Cette pâte est ensuite fermentée pendant quelques jours afin d’enlever l’acidité et de développer le goût. Après la fermentation, elle est pressée pour extraire l’eau, tamisée, puis grillée au feu dans de grandes marmites. Peu à peu, elle se transforme en gari sec et prêt à être consommé.
Mais au-delà du gari, le manioc donne aussi naissance à plusieurs autres produits : tapioca, amidon, cossettes et surtout la farine panifiable, de plus en plus utilisée dans la fabrication du pain et d’autres pâtisseries locales.
Du champ au marché, le manioc est donc une véritable richesse. Le consommer, c’est soutenir le travail des productrices, encourager la transformation locale et valoriser un aliment profondément ancré dans nos habitudes.